07.04.2006

Les kitins font deux victimes de plus

Fraudex était assis contre la parois, les larmes coulaient sur ses joues…

Il avait failli à sa promesse, l'enfant gisait inconsciente à quelques mètres de lui. Les souvenirs lui remontaient par vagues.

 

Cela faisait déjà bien longtemps qu'Amie était entrée dans sa cave secrète pour lui annoncer le retour d'Elias.

La matis était épuisée et le vieil homme avait été frappé par sa maigreur. Son visage livide lui fit peur et il su immédiatement qu'elle était mourante.

Il avait passé la nuit à la veiller, à essuyer son front brûlant, à lui tenir la main en écoutant ses délires.

Sans cesse elle parlait d'une enfant, et il avait fini par comprendre qu'il s'agissait d'Aby, la petite Légionnaire qui avait tant ému Matsu.

Amie mourut au petit matin avant que Fraudex n'ait eu le temps de prévenir son mari Syrus ou ses amis.

 

Fraudex regardait la sève qui coulait lentement sur le sol, les kitins allaient revenir pour l'achever, ce n'était plus qu'une question de temps maintenant.

Il fit un effort pour se rapprocher de l'enfant et une fois de plus fut frappé par sa jeunesse.

Les kitins revenaient… il fit un dernier effort et pris le petit corps d'Aby dans ses bras et la serra très fort contre lui, pour la protéger du dernier assaut.

Il n'entendit pas le rugissement des kitins, il ne sentit pas venir le dernier coup.

   

[hrp] Amie / Aby   / Fraudex sont partis avec Flopette@hotmail.com

17.03.2006

Le départ

Depuis que les fidèles d’Elias avaient neutralisé Matsu avec son aide, Amie s’était enfermée dans un silence profond.
Par moment, elle avait regardé autour d’elle, espérant qu’un de ces amis viendrait la délivrer, mais la vie était difficile sur Atys et chacun trop préoccupé pour se rendre compte de son désarroi. Amie n’était qu’une toute petite homine parmi tant d’autres.
Quand elle avait crié sa douleur, certains avaient réagi, mais c’était déjà trop tard, la blessure la rongeait de l’intérieur et la vie sur Atys était devenue trop douloureuse pour elle.
C’est presque dans l’indifférence générale qu’elle était partie, sans un mot pour son mari ou ses proches, abandonnant son appartement la porte grande ouverte, laissant Muki et ses autres mektoubs dans les étables des grandes villes. Elle savait que ce voyage serait long et qu’elle risquait de ne pas revenir.
C’est sans se retourner qu’elle franchit le dernier vortex. Elle était sereine, de l’autre côté se trouvait la paix à laquelle elle rêvait tant et tous ceux qu’elle avait aimés resteraient à jamais dans son cœur.

13.01.2006

Amie et Matsu

Amie n'en revenait pas, Matsu l'avait fait ! La main de la Fyros avait tremblé, Amie avait senti son hésitation, presque espéré… Mais Matsu l'avait finalement poussée dans le vide vers une mort plus que probable.
 
Tout avait commencé juste après la libération d'Eldoras par les Karavaniers.
Amie avait activement participé au complot pour aider Eldoras suivant attentivement les conseils de la guilde d'Elias.
Son chef avait réussi l'Oralie de Jena et survécu. Non pas sauvé par Jena comme tout le monde le pensait, mais par Kegan.
Cependant Eneliv qui n'en savait rien, n'avait pas pris la peine de proclamer son innocence publiquement ou même de s'excuser de l'erreur commise envers le chef de Fédération.
Amie n'avait jamais douté qu'Eldoras survive, mais les événements l'avaient épuisée.
 
Après sa libération, Eldoras avait raconté aux fidèles d'Elias sa rencontre avec Kegan, qui non seulement était bien vivant, mais toujours chef de la Guilde d'Elias.
Amie s'était alors mise en tête qu'Oflovak était peut-être aussi quelque part sur Atys et avait décidé de tout faire pour le retrouver et cette idée l'obsédait.
Elle avait alors rendu son blason à Eldoras et quitté la Fédération, sa quête risquant de mettre ses amis en péril.
 
Puis Amie avait commis une grosse erreur. Elle avait besoin d'aide, quelqu'un qui connaisse bien les primes Racines, quelqu'un qui soit fort et puisse se déplacer facilement.
C'est sans hésiter qu'elle aurait demandé à Harmonie… mais la belle Matis était toujours portée disparue.
Alors c'est sans hésiter qu'elle avait essayé d'entraîner Matsu dans sa quête.
Pourtant elle connaissait les convictions de sa meilleure amie qui clamait haut et fort les biens faits de Jena au point de faire peur aux plus fervents de ses fidèles.
Cependant, Amie  avait toujours soupçonné la belle Fyros de montrer un tel fanatisme pour nuire à Jena et cacher le soutien qu'elle apportait aux concepts trytoniens.
 
Mais Amie s'était trompée et, lorsqu'elle avait avoué qu'elle suivait les principes d'Elias et répandrait sa parole à travers Atys, Matsu l'avait poussée dans le vide, sachant que la magie de Tryton n'était pas assez puissante pour la sauver et que Jena ne lui serait d'aucun secours.
 
Amie s'était tenue fièrement de dos au vide, son regard limpide braqué dans celui de Matsu. Elle avait vu les larmes emplir les yeux de son amie, elle avait senti son hésitation et l'envie de fuir de la Fyros. Alors Amie avait crié : "Je suis trytonienne et je répandrais ses principes, tant qu'ils seront les miens" espérant jusqu'au bout que Matsu la testait. Mais la Fyros croyait sincèrement en la puissance de Jena et l'avait poussée d'un petit mouvement sec.
Amie avait basculé dans le vide, un sourire sur ses lèvres, ne réalisant pas ce qui se passait. Puis la douleur était venue et enfin la peur.
Le corps d'Amie avait alors rebondi contre la parois et fini sa course sur un psykopla. L'énorme plante avait amorti la chute, laissant la jeune Matis un peu étourdie mais indemne surtout choquée par tout ce qui venait de se passer.
 
Amie s'était alors enfuie dans les primes Racines, craignant que Matsu ne la retrouve et n'utilise sa pique contre elle, ou pire encore ne la dénonce.
De désespoir Amie pensait parfois qu'elle aurait préféré mourir dans sa chute, mais l'espoir de voir Atys libre des tyrannies de Jena et de MaDuk lui donnait la force de continuer son combat.
 
Plusieurs fois elle avait failli se confier à Zamenis, mais les mots restaient figés dans sa gorge. Elle n'avait plus envie de parler à personne. Heureusement que Syrus était occupé en ces moments troubles et ne s'inquiétait pas de ses absences prolongées. Il était bien la dernière personne à qui elle aurait pu se confier. 
 
Amie regardait la source qui jetait une lueur étrange sur son visage livide.
Pourquoi le nom de Matsu avait-il été mis sur la liste  ?
Que se passerait-il lorsqu'elle reverrait Matsu, finirait-elle au bout d'une pique ou au fond des prisons d'Yrkanis ?
Retrouverait-elle Oflovak ? Et dans ce cas, l'aiderait-il dans sa quête ?
Amie se sentait lasse et triste, que s'était-il passé ? Elle si gaie et si joyeuse, toujours à rire et à sourire.
Il fallait absolument qu'elle trouve un moyen de se réconcilier avec Matsu, quitte à mentir…
 

12.01.2006

A la recherche d'Eldoras

lien vers le site officiel posté par Fraudex

L'homin descendit péniblement les escaliers qui menaient à son atelier. Une toux violente fit trembler tout son corps lui faisant perdre l'équilibre. Il se rattrapa à la rampe et évita de justesse une chute.
Depuis le début de l'hiver une mauvaise pneumonie le maintenait dans son lit. Mais là les événements des derniers jours étaient trop graves et il se devait de consigner dans son journal ce que ses amis lui avaient rapporté.

Tout avait commencé après la réunion secrète avec des membres de la guilde d'Elias Tryton qui avait eu lieu à Fairhaven. Beaucoup d'homins étaient venus, trop même. Il devait sûrement y avoir des espions car dès le lendemain on lui avait rapporté la disparition de son plus vieil ami. Son manteau ainsi qu'une lettre à moitié écrite avaient été trouvés dans la taverne d'Yrkanis. Depuis ce moment, l'homin maudissait son état qui le maintenait au fond de son lit. Il se faisait du soucis, son ami avait-il été enlevé ? Avait-il été arrêté ? Ou s'était-il enfui et se cachait-il ? La troisième solution était peu probable, car dans ce cas, il aurait eu des nouvelles.
Puis Frenio, membre de la guilde d'Elias, l'avait contacté pour lui confirmer cette disparition et lui en signaler 3 autres, une Zoraï et deux frères Fyros.
Frenio demandait à réunir le plus de fidèles possibles pour le soir même, mais l'homin se sentait trop mal pour se déplacer, cependant il avait fourni une liste de nom à Frenio. Et ce dernier avait commencé à les contacter directement.

Cette fois la réunion avait été tenue des plus secrètes. Ses amis lui avaient rapporté qu'ils n'avaient pas eu de surprise quant aux présents et qu'effectivement ils étaient tous des homins de confiance. Ils étaient 14, 14 homins fidèles sur lesquels Elias pouvait compter à son avis. Même s'il lui savait que certains étaient encore réticents quant à suivre Elias, dans une situation de crise, on pouvait tout de même compter sur eux.

On lui avait rapporté que Nicho, Frenio et Kyion s'étaient déplacés en personnes, ils avaient insisté sur le fait de rester très discrets et de ne jamais parler ouvertement d'Elias.
Ils avaient demandé aux fidèles de se séparer en deux groupes, un pour s'occuper de sauver le matis, et l'autre pour sauver les frères fyros. Des instructions précises avaient été données. Eux-même allaient s'occuper de libérer la jeune Zoraï.
La réunion avait été interrompue à plusieurs reprises par l'arrivée d'homins, ils avaient même dû se déplacer car les attaques des cloppers se faisaient nombreuses, mais au final, tout c'était bien passé et les 14 homins étaient repartis soulagés de pouvoir enfin agir pour libérer leurs amis. Il ne leur restait plus qu'à passer à l'action.

L'homin posa sa plume, tout avait été noté consciencieusement. Il avait pris soin comme d'habitude de ne pas mentionner les noms de ses amis au cas où il serait découvert.
C'est en maudissant sa toux qu'il remonta péniblement les escaliers pour retourner se coucher.

 

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Une fois de plus l'homin redescendit les escaliers. Cette fois il se tenait fermement à la rampe de peur de tomber comme il avait failli le faire le jour précédent. Si sa maladie perdurait, il lui faudrait envisager de trouver une cachette à l'étage pour son journal et ainsi éviter ce dangereux escalier. Mais pour l'instant, il n'avait rien trouvé d'assez sûr dans la maison.
Ses amis étaient venus lui raconter les derniers évènements. Et il lui fallait les consigner avant qu'il n'oublie.


Du côté des Matis, le groupe de fidèles s'était légèrement agrandi avec l'arrivée de deux nouveaux homins qui n'avaient pas pu être contactés le jour précédent.

Une matis avait été chargée de corrompre Fredlo Cuirinia pendant que les autres montaient la garde. Frenio avait sous-entendu que Fredlo était dans le besoin et leur avait remis la somme de 500'000 dappers.
Un couple s'était installé non loin, pour pouvoir agir rapidement en cas d'urgence alors que les autres surveillaient les environs.
Ils avaient bien fait car Eneliv de la Guilde de la Karavia était passé par là lors de sa ronde journalière. Tout d'abord il n'avait pas prêté attention aux homins qui parlaient de la goo et de recettes. Mais avec la neige qui tombait, il avait voulu se réfugier auprès de Fredlo pour se réchauffer.
Le groupe de fidèle avait bien tenté de l'en empêcher en l'incluant dans leurs discutions, mais rien n'y avait fait.
A ce stade, Fredlo était déjà en train d'accepter une bourse de 500k de dappers, pour se renseigner sur l'homin disparu. Mais Eneliv avait confirmé l'emprisonnement par le Duc Rodi Di Varello de leur ami qui était accusé d'être un Trytonien.
L'homine avait affirmé qu'ils se trompaient, que leur ami était en fervent admirateur de Jena et suivant d'Yrkanis et de la Karavan avec preuve les registres de la construction des temples.
Mais Fredlo n'avait rien voulu savoir et annoncé que pour prouver son allégeance à Jena, le matis devrait être poussé du haut d'une falaise. S'il survivait, sauvé par la grâce de Jena, il serait libre…
La matis chargée des négociations avait dû sortir une deuxième bourse de 500'000 dappers pour que Fredlo accepte de parler à son ami le Duc Rodi et ainsi tenter d'empêcher un des plus fidèles alliés de Tryton de mourir au pied d'une falaise.
Il avait donné rendez-vous au même endroit à la belle homine qui était partie encore plus inquiète sachant que si Fredlo était corruptible d'un coté, il le serait de l'autre.


Du côté des Fyros, deux plans avaient été minutieusement préparés.

Ils avaient prévu d'aborder Xinna et de monnayer la libération des deux fyros avec la lettre donnée par Frenio qui racontait l'invasion du Grand Essaim. Pour cela ils avaient divisé la lettre en trois parties de manière à obliger Xinna à libérer les prisonniers.
Xinna avait rapidement accepté d'aider l'homine fyros qui avait pris soin de changer sa coiffure et ses tatouages pour ne pas être reconnue. Cependant, le rôle de Xinna dans l'administration n'était pas assez important et elle ne pouvait pas agir directement, par contre elle pouvait remettre le document à un supérieur qui pourrait intervenir. Mais la lettre se devait d'être entière.
De même Xinna était incapable de dire qui était à l'origine des arrestations des deux frères fyros.
Alors que la question se posait de savoir si l'on pouvait faire confiance à Xinna, des membres de la guilde des Faces Brûlées avaient pénétré dans les bains. C'est sans se démonter que la négociatrice avait poussé de grands cris les traitants de pervers. Xinna était venue à son secours certifiant que les deux fyros ne faisaient que se détendre entre homines après une dure journée de labeur et les gardes étaient repartis.
Les deux autres morceaux de la lettre furent rapportés à Xinna qui fixa un rendez-vous pour le lendemain. Elle promit d'apporter plus d'informations.
Pendant tout ce temps, les fidèles d'Elias patrouillaient les ruelles des alentours des bains comme si rien n'était. Certains furent interrogés sur Tryton par des gardes, mais bien évidemment nièrent savoir quoi que ce soit. Les Légionnaires étaient également à l'affût comme d'habitude, mais ne posèrent pas de problèmes majeurs.


Le vieil homin posa sa plume. Il était satisfait. Les choses avançaient, même si tout n'allait pas aussi vite qu'il l'aurait voulu. Mais tout se déroulait parfaitement bien, ses amis savaient se montrer à la hauteur et agissaient de manière discrète sans se mettre inutilement en danger. Mais il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet pour ses amis prisonniers.

 

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L’homin était assis devant son bureau, un petit sourire éclairait son visage. Eldoras sortait à l’instant de son atelier et avait l’air en pleine forme.
Grâce à ses amis, il avait réussi l’Ordalie et survécu au saut de la falaise.
Cela n’avait pas été sans mal.
Le jour précédent, Frenlo avait mentionné à son interlocutrice qu’il avait rencontré Eldoras et que ce dernier allait bien. Il avait également parlé d’égouts sous-terrain, mais la jeune homine avait catégoriquement refusé une évasion affirmant qu’Eldoras devait s’en sortir avec honneur et non comme un fugitif qui devrait se cacher jusqu’à la fin de ses jours..
Frenlo lui avait donné des informations supplémentaires après l’échange d’énormes sommes. Ils avaient donc appris, l’heure ainsi que le lieu (sur la falaise au sud d’Avalae) à laquelle aurait lieu l’Ordalie. Le nom du bourreau et sa description, un dénommé Boia chauve habillé tout en noir, avait été donnée, mais cela ne les avait guère aidés.
Pour finir, ne sachant plus quoi faire, une lettre avait été envoyée à Nicho qui avait répondu aussitôt en donnant une information essentielle. Les fidèles devaient s’arranger pour qu’Eldoras ait droit à une dernière volonté avant d’être poussé.
A l’heure dite, ils étaient prêts, un groupe attendait Boia à la porte Nord. Ils virent avec surprise arriver Eldoras encadré du bourreau et de Eneliv, suivit par de fervents karavaniers qui se demandaient ce qui se passait.
Un autre groupe était prêt à Avalae pour faire diversion de manière à ce qu’une proposition puisse être faite à Boia. Mais rien n’avait marché selon leur plan et c’est avec inquiétude qu’ils étaient arrivés au bord de la falaise.
Eldoras avait tout de même pu formuler sa requête qui était simple : revoir une dernière fois la lumière de Jena.
Eneliv avait accepté de repousser le moment fatidique à la levée du jour. Et c’est avec horreur que les amis avaient vu Eldoras disparaître dans le vide. Mais rapidement il fut constaté que son corps n’était pas en bas, donc que le matis devait toujours être vivant quelque part. Sur ce Eneliv parti faire son rapport à Yrkanis.
Les homins étaient tous partis à la recherche d’Eldoras qui fut finalement retrouvé sur le bord de la falaise et ramené à Yrkanis. Là il leur raconta sa chute où tout était devenu noir, puis un rayon de lumière le ramenant à la vie. Jena l’avait sauvé.

Eldoras était sauf mais le vieil homin ne pouvait s’empêcher de penser à Celix et son frère qui n’avaient pu être libérés par le groupe de fyros. Effectivement la lettre remise à Xinna n’avait pas de valeur aux yeux de ses supérieurs car ils en possédaient déjà une copie.
L’homin regarda attentivement la copie de la lettre remise par Nicho qu’il tenait dans ses mains et la glissa dans son journal avant de le refermer.

 

Quote:
L'Esprit dans les collines

J'ai été élevé sur le vieux monde, où je vivais avec ma famille sur le flanc de la colline qui surmontait notre village.
P'pa était un Dresseur d'Eau, sur la Route de l'Eau vers les territoires déserts. A de nombreuses reprises, il revint d'une expédition avec des souvenirs du pays des Fyros.
Un fois, j'ai eu de belles bottes du désert. C'était pour mon onzième anniversaire.
Une autre fois, j'ai eu une vraie hache fyros qui, finalement, m'aura probablement sauvé la vie.

Je me rappelle d'un jour, en automne pour sûr, je m'enfonçais dans les bois et M'man était occupée à faire cuire des gâteaux aux marrons pour le magasin d'hiver. Subitement, j'ai entendu comme le grondement distant de la foudre, et en levant les yeux, j'ai pu voir un nuage de poussière s'éloigner.
J'ai tout d'abord cru qu'il s'agissait de mektoubs sauvages qui avaient été pris en chasse par quelques gingos, et n'y ai pas pensé. Mais le grondement s'amplifia et bientôt, j'ai compris que ce n'était pas des mektoubs sauvages, mais P'pa et Oncle Kegan qui gallopaient droit vers la maison sur leurs montures, avec les autres qui suivaient.
J'ai appelé M'man et elle m'a instinctivement serré fort contre sa poitrine, comme si j'étais encore un enfant. Sans un mot, nous sentîmes tous deux que quelque chose de grave se produisait. Pour sûr, P'pa, qui revenait d'une livraison d'eau, avait appris que les Fyros étaient attaqués par des hordes de monstres et nous sûmes tous ce que cela signifiait.
Nous avions appris de notre expérience passée qu'aussitôt que nous serions privés de la protection des Fyros, viendrait le temps pour les Matis d'envahir nos lacs.
Bien, j'ai attrappé ma hache et me suis placé avec P'pa et mon oncle, et quelques autres villageois qui s'attendaient à voir les Matis apparaître au-dessus de l'horizon, et, pour sûr, les inoubliables couleurs de l'armée des cavaliers-mektoubs apparurent.

Du flanc de la colline, nous avions une bonne vue de la route principale et de la campagne environnante sur plusieurs miles. Ce fut ma petite soeur qui le vit en premier. Là, à moins d'un mile derrière l'armée matis, un autre nuage de poussière, mais encore plus gros.
Nous sûmes que nous étions finis, mon oncle dit qu'avec une telle armée, nous n'aurions pas une chance, que nous allions devoir nous rendre ou mourir à coup sûr.
P'pa resta debout silencieusement pendant une minute, scrutant la seconde armée. Je n'oublierai jamais comme son visage prit un air horrifié. "Le s'cond front n'est pas l'armée matis, et se rendre n'est plus acceptable" a-t-il dit. "Regardez, la seconde armée est en train de rattraper la première..."
Les Matis étaient maintenant bien en vue et nous pouvions imaginer leur fière marche comme s'ils possédaient déjà les terres. Mais une vision bien plus horrible fit sombrer mon coeur, et je fus gelé sur place. La seconde armée était maintenant à presque deux cents yards derrière les Matis qui n'avaient toujours pas vu ce qui leur arrivait dessus.
Mon père fit un pas en avant, je pouvais sentir son désir de crier un avertissement à nos véritables ennemis, mais ils étaient trop loin. Après, un soldat matis a dû sonner l'alarme puisque leurs montures accélérèrent subitement, non pour charger mais pour fuir la redoutable quantité de kitins géants qui était alors juste derrière leur talons. C'était épouvantable, tout le bataillon juste devant nos yeux se transforma en terrible mangeoire à kitins, et les cris, l'odeur insupportable que le vent nous apportait...
Pendant que les Kitins se frayaient un chemin à travers les corps, nous courûmes vers le village pour donner l'alerte. Certains prirent la route vers l'ouest, d'autres vers le sud en pensant à l'ouverture dans le Grand Mur des Zoraïs. P'pa pensa que la meilleure option se trouvait dans les hauteurs, alors nous avons rassemblé ce que nous avons pu trouver et l'avons emporté dans les collines. La mort à perte de vue... nous pouvions voir les vagues de kitins se déverser sur la route principale, se frayant un chemin au travers de notre village comme s'il fut fait d'un jeu de cartes.
Nous marchâmes longuement à travers les collines séparant les deux pays, pendant des jours, ne s'arrêtant presque pas de peur que des éclaireurs kitins ne sentent notre odeur. Heureusement que M'man avait pensé à prendre les gâteaux aux marrons, sans quoi nous serions morts de faim. Une nuit, l'un de nos mektoubs s'est fait attaquer par un torbak, et les autres se sont lâchement barrés.
Le moral était au plus bas quand mon oncle, qui allait toujours en avant vérifier que la côte était sûre, revint en courant. Oncle Kegan dit qu'il avait vu un esprit venir à lui dans une vision et ce dernier lui a dit de nous guider vers l'est où nous trouverions un arc-en-ciel qui nous emmènerait en lieu sûr. P'pa pensa d'abord qu'il avait encore tiré sur la mauvaise herbe mais il insista tant que nous ne pûmes que le suivre.
Ensuite, une après-midi, alors que nous finissions tout juste de gravir une crête, nous vîmes l'arc-en-ciel s'étalant à perte de vue. Ce fut un signe pour moi, comme j'vous l'dis. Là, il y avait un groupe d'homins, Trykers et Matis, et même un couple de yubos, qui le traversaient et disparaissaient. M'man n'était pas trop sûre de vouloir le traverser quand quelque chose apparut derrière nous qui ne nous laissa pas le choix.
Deux gigantesques kinchers avancer lourdement d'en bas vers nous avec leurs grandes pinces claquant dans l'air comme pour évaluer leur technique. P'pa et mon oncle les tinrent occupés avec leurs flèches pendant que je pris M'man et ma soeur par la main en courant aussi vite que nos jambes le pouvaient vers l'arc-en-ciel.
Nous n'étions pas à quinze yards de l'entrée quand ma petite soeur poussa un cri désespéré et tomba au sol dans un épuisement total. Je l'ai prise sur moi tandis que P'pa et oncle Kegan tenaient les créatures malfaisantes à distance avec les dernières flèches. Nous y étions presque quand du bleu sortit un troisième monstre qui bloqua notre course vers l'arc-en-ciel, et se posta simplement là comme pour nous provoquer.
J'avoue que j'étais pétrifié, j'étais gelé sans raison, j'pouvais plus bouger un doigt. Alors, la voix de P'pa parvint à mes oreilles et me fit retrouver mes esprits : "Ta hache, fils, lance ta hache dans son oeil !" Réveillé en sursaut du cauchemar, j'ai visé, jeté la hache droit comme sur une ligne. "Maintenant cours !" a crié P'pa, "Ne regarde pas en arrière, cours pour l'atteindre !" J'ai pris ma soeur sur moi, M'man par la main et nous avons contourné les jambes du monstre alors qu'il tachait de se débarrasser de la hache fyros enfoncée dans son oeil droit, et nous parvînmes tous trois à traverser l'arc-en-ciel. Je savais que P'pa nous avait vus nous échapper, je jure que j'ai senti son regard fixé sur nous...

 

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L'homin se sentait de plus en plus faible. C'est avec peine qu'il descendit les escaliers, mais sa mission passait avant tout. Il lui fallait tout consigner dans les registres, sinon qui le ferait ?

Ses amis lui avaient raconté la rencontre avec la guilde d'Elias qui avait eu lieu après la libération d'Eldoras.
C'est avec plaisir que Nicho avait confirmé que Kegan était non seulement vivant, mais toujours chef de leur guilde.
Eldoras avait bien raconté sa rencontre avec le célèbre homin. Mais le vieil homin n'avait pu s'empêcher de penser que son ami s'était trompé.

Nicho avait rapporté qu'ils n'avaient pas réussi à libérer Qo la Zoraï, Le gouvernement Zoraï étant incorruptible. Ils savaient cependant qu'elle était très malade et craignaient pour sa vie. Frenio avait demandé à ce que les fidèles n'interviennent pas, laissant cette mission à leurs soins.

Nicho avait également promis de réfléchir à un moyen pour faire libérer les frères fyros. Mais il avait dû avouer que la guilde d'Elias n'était pas aussi puissante qu'il l'aurait voulu. Du moins pas encore.

Beaucoup des questions avaient été posées et quelques réponses obtenues.
Tout le monde s'intéressait de savoir comment Eldoras avait été sauvé, mais Nicho avait éludé les réponses laissant au concerné de raconter ce qui s'était passé. Cependant Eldoras n'avait pas vraiment pu fournir d'explications si ce n'est du trou noir puis de la lumière avant de se retrouver devant Kegan.
Les fidèles voulaient également savoir quand Elias allait revenir. Nicho s'était montré vague disant qu'il venait d'ailleurs et que son retour serait long. Il espérait seulement que les fidèles arriveraient à rester soudés jusque là car c'était leur seul espoir.

Avant de partir Nicho avait remis une liste de nom.. La première idée fut de la remettre à Fraudex. Ce dernier avait appris avec soulagement que finalement quelqu'un d'autre avait été chargé de s'en occuper. Effectivement il se sentait trop faible pour le moment et incapable de coordonner quoi que soit. Les registres lui prenaient toute l'énergie qu'il lui restait.

Lui qui attendait le retour d'Elias depuis si longtemps commençait à douter de vivre assez longtemps pour le voir revenir sur Atys.
C'est avec un bruit sec qu'il referma le cahier. Il se leva péniblement et jeta un regard désespéré vers l'escalier. Combien de fois allait-il encore être capable de le remonter ?

Le Mariage

Lien vers le site officiel   posté par Fraudex

L'homin était heureux Amie était enfin marié à Syrus.

Les événements s'était précipités ces derniers jours alors que cela faisait des cycles que les amoureux attendaient de trouver le bon prêtre.


Amie lui avait raconté que tout avait commencé avec la rencontre de Lissia. Eldoras lui ayant donné son nom, spécifiant qu'elle avait une amie qui se mariait et connaissait un prêtre.
Amie s'était alors arrangée pour rencontrer la matis sur le marché d'Yrkanis. Mais Lissia était pressée et, sans lui donner d'informations sur le mariage, lui avait proposé de rencontrer directement Antochini, un de ses amis prêtre.
Le rendez-vous avait rapidement été organisé.

Quelques jours plus tard, il avait discrètement assisté à la réunion.
Cette fois Amie, accompagnée de Syrus, avait rencontré le prêtre Antochini. Heureusement Matsu était là, car elle était bien organisée et avait posé toutes les bonnes questions. Ses notes furent fort utiles par la suite, la liste de consignes étant longue.
Les témoins avaient été choisis, Matsu et Eldoras pour Amie, Yunalessia et Thanys pour Syrus.
Puis des amis proches pour remplacer les parents d'Amie et Syrus et les accompagner devant le prêtre, Alaezyon et Sonim.
Et enfin les filles d'honneur d'Amie, Kirya, Zamenis, Xuuna, Alianor, Blastercalm et Neiher, ainsi que les garçons d'honneur de Syrus, Daarknell, Théobaldus, Alquieff et Armelius. Le futur couple avait dû faire attention d'avoir plus d'homines que d'homins comme le voulait la tradition.

L'homin avait également assisté aux fiançailles qui avaient eu lieu au Gisement Divin au nord de Graines Vertes, famille d'accueil d'Amie, mais ne s'était pas trop approché de peur d'être repéré.
La cérémonie avait été simple, seuls Thanys et Matsu étant présents.
Comme l'avait voulu la coutume, les futurs époux avaient remis les cadeaux de fiançailles à leurs témoins respectifs.
C'est avec amusement qu'il avait constaté que Matsu prenait son rôle de chaperon à coeur ne lâchant pas Amie d'une semelle depuis ce moment.

Le jour même, il avait pu lire la publication des bans affichée sur l'Agora et fut content de constater que les futurs époux respectaient la tradition matis dans ses moindres détails.
Il fut également rassuré de lire entre les lignes que Syrus n'excluait pas les amis kamis d'Amie. Il savait que l'Alkian s'était résigné en se rendant compte que Amie ne démordrait pas et qu'elle voulait que tous ses amis, karas ou kamistes soient présent. Il était bien placé pour savoir car tout comme Syrus, il était incapable de résister aux caprices de la jeune et belle matis.

Selon la coutume, Amie allait revêtir une kara vestini verte et serait coiffée le plus élégamment possible. Quant à Syrus il porterait sûrement la fameuse kara wiva verte, fierté de la haute société matis. Les témoins, homins d'honneur et remplaçants des parents feraient sûrement pareil mais en blanc.


L'homin avait entendu Matsu parler de discours à faire, de tenues à préparer, de cadeaux à fabriquer ! Il avait vu Amie paniquer, ne sachant plus où donner de la tête, mais à l'heure dite, elle était prête, resplendissante, entourée de ses filles d'honneur et de son amie fyros.
Bratakk avait fait les tenues des mariés, Amie n'ayant pu trouver Harmonie qui devait se cacher au fond des primes racines. Alchimi avait travaillé sans relâche pour fabriquer les magnifiques tenues blanches de tous les participants à la cérémonie aidé de Zamenis qui s'était usée les mains à récupérer les matières premières.

C'est avec émotion qu'il avait vu Amie marcher vers l'Agora. Visiblement trop émue pour trouver Alaezyon qui devait l'accompagner auprès d'Antochini. C'est seule qu'elle s'était fièrement avancée.

Antochini avait fait placer les filles d'honneur au milieu de l'Agora et tout le monde s'était agenouillé pour une prière.
Tous étaient splendides, il ne manquait que le roi Yrkanis.





Puis Thanys et Eldoras avaient vanté les qualités des mariés devant une foule de plus en plus dense. Kamis d'un côté kara de l'autre.
Les cadeaux donnés aux témoins lors des fiançailles furent remis époux respectifs, c'est ainsi que Syrus reçu un magnifique amplificateur magique et Amie une superbe armure Kara Striva suprême, blanche comme la lumière de Jena.

C'est avec nostalgie qu'il avait entendu les cœurs chanter :
"Ô Jena, bénie sois-Tu pour la lumière que tu nous donnes,
Louée sois-Tu pour l'eau qui coule à travers ruisseaux,
Louée sois-Tu pour les plantes, les fleurs, les arbres, sans lesquels il n'y aurait pas de vie.
Bénie sois-tu pour toutes les créatures que tu mets quotidiennement sur notre chemin.
Ô Jena, préserve-nous de la fureur du Grand Dragon lors de son éveil,
Donne-nous la force de conserver la lumière de Ta bénédiction à chaque instant dans notre coeur,
Afin que nous te suivions sur le chemin que tu as béni pour nous,
Ô Jena, préserve-nous de la fureur du Grand Dragon lors de son éveil,
Donne-nous la force de conserver la lumière de Ta bénédiction à chaque instant dans notre coeur,
Afin que nous te suivions sur le chemin que tu as béni pour nous,
Ainsi soit-il.
Antochini expliquant doucement "C'est une prière pour la bénédiction de Jena."
Ô parfaite Jena, seule mère créatrice de l'immensité de l'Ecorce,
Toi qui as enfermé le Dragon jusqu’à la fin du monde,
Reçois sous Ta toute-puissante protection
Les personnes de Tes serviteurs et la Karavan que nous servons.
Préserve-nous de tous les dangers des démons et de la violence de ses suivants ;
Fais que nous protégions notre gracieuse Reine Léa et notre sage Roi Yrkanis,
Et que nous soyons les gardiens de ceux qui se confient loyalement à Toi ;
Fais que les habitants des Forêts et du Royaume demeurent en paix à Ton service.
Ainsi soit-il."
Antochini : "c'est une prière pour la loyauté."
Divine Jena, nous te prions en chantant,
Vois les suppliques de tes fidèles enfants,
Permets leur à chacun, dans Ta magnificence
De se s'avancer vers Ton angélique splendeur.
Antochini : et celle-là est une prière pour la perfection esthétique.



Syrus avait prononcé ses vœux le premier :
"Au nom de Jena moi, Syrus, te prends, Amie, pour épouse, à compter de ce jour, pour le meilleur et pour le pire, pour la richesse comme pour la pauvreté, dans la maladie et dans la santé, pour t'aimer et te chérie jusqu'à ce que la mort nous sépare.
Ceci est mon voeu solennel, que Jena m'a dit exaucer.
Quand je t'ai connue, tu n"étais encore qu'une réfugiée récemment arrivée sur le continent mais dès lors, j'ai été séduit par ta joie de vivre, et l'émerveillement que tu avais devant toutes les choses qui s'offraient à toi.
Et si je n'ai plus les partager avec toi autant que je l'aurais voulu quand m'incombaient encore les responsabilités d'Alkiane sache que je serai maintenant tout à toi pour te suivre dans les belles régions d'Atys, où nous pourrons partager des moments inoubliables
Puisse Jena être témoin de cette promesse, Amie ma bien aimée..."



Amie était tellement émue qu'elle avait répété les mots soufflés par Antochini
"Au nom de Jena, moi, Amie, te prends, Syrus, pour époux, à compter de ce jour, pour le meilleur comme pour le pire, pour la richesse comme pour la pauvreté, dans la maladie et dans la santé, pour t'aimer et te chérir jusqu'à ce que la mort nous sépare. Ceci est mon voeu solennel, que Jena m'aide à l'exaucer."
Après un petit silence, elle avait murmuré d'une voix à peine audible.
"Syrus, la première fois que je t'ai rencontré, mon coeur a battu pour toi.
Les cycles ont passé et nous voici ici réuni à prononcer nos voeux
Je n'étais qu'une enfant quand je t'ai aimé et je t'aime toujours, et toujours je t'aimerai.
Je fais la promesse devant Atys entier de t'aimer toujours."

Antochini avait alors béni les alliances par courte une prière
Le cercle est le symbole du soleil, d'Atys, et de l'univers.
C'est le symbole de la sainteté de Jena, de la perfection et de la paix.
Ces anneaux symbolisent l'unité, car vos vies sont à présent unies en un cercle sans fin.
Où que vous alliez, vous retournerez toujours l'un vers l'autre et serez toujours unis.
Et enfin Antochini avait béni leur union
O Jena, créatrice de toutes choses grandes et petites, comme tu as donné le souffle de la vie à tout chose lors de la Poussée Verte, donne ta bénédiction à ceux-ci, tes serviteurs, afin qu'ils soient inspirés par l'amour et l'honneur, qu'ils se chérissent avec confiance et patience, dans la sagesse, et que leur foyer soit un lieu de sainteté.
Bénis aussi tous ceux qui, présents ici en ce jour, témoignent de cette union devant Ta puissance.

La larme à l'oeil l'homin ne pouvait que constater que le couple était magnifique. Amie et Syrus avaient remonté l'assemblée, passant devant lui, pour sortir de l'Agora où tous les invités les avaient rejoints leur envoyant des sorts de vie en signe de bonheur.



Dans l'émotion du moment, les jeunes mariés avaient oublié le petit discours prévu pour remercier tout le monde, mais l'homin trouva le lendemain une petite affiche plantée d'une jolie dague à coté de l'étable d'Yrkanis.



Quote:
A tous nos amis

Après tous ces cycles, nous avons enfin pu célébrer notre mariage et nous unir pour la vie.
Nous tenons à remercier tout spécialement :

- le prêtre Antochini, sans lequel rien n'aurait été possible,
- les homins qui ont assisté aux préparatifs, entre autre Zamenis, Alchimi et Bratakk,
- les filles d'honneurs qui ont soutenu Amie durant ces derniers jours,
- les garçons d'honneurs qui ont accompagné Syrus
- Alaezyon qui a accepté de remplacer le père d'Amie et Sonim la mère de Syrus, tous deux défunts
- évidemment la fidèle Matsu pour avoir toujours été présente aux côtés d'Amie
- sans oublier tous les amis qui se sont déplacés pour assister au mariage.
Que Jena protège vos pas.

Syrus et Amie Rahl


L'homin s'éloigna de l'étable.
Voilà une bonne chose de faite pensa-t-il au fond de lui-même.

26.10.2005

Elias Tryton

La pioche d’Amie s’enfonçait à coups réguliers dans le sol, elle ne faisait plus attention à ces gestes routiniers. Les derniers événements la préoccupaient et elle essayait de remettre ses idées en en place.

 

Tout avait commencé lorsque la Karavan avait demandé de construire des temples ; les Kamis avaient fait pareil.

Les deux factions avaient reçu les mêmes instructions : empêcher l’autre d’ériger ses temples, à n’importe quel prix.

Depuis la bataille faisait rage sur la Dune, seul endroit où les matières de constructions se trouvaient.  Amie y avait vu les corps des homins recouvrir la sciure et la vision d’horreur ne s’effaçait pas.

 

La jeune matis  savait déjà parfaitement ce qu’elle devait faire, pour elle il n’y avait qu’une seule voie possible. Mais elle avait eu besoin d’être sûre que les membres de sa guilde pensaient comme elle et suivraient le même chemin. Il n’y avait pas d’alternative, jamais elle ne resterait dans une maison qui cautionnerait ces tueries ou y participerait.

 

Eldoras avait su la rassurer, lui aussi pensait comme elle et avait l’espoir de voir les homins vivre en paix sur Atys.

Elias Tryton était le seul qui semblait apporter cet espoir et ils étaient tous deux d’accord pour le suivre et écouter ce qu’il avait à dire. Peut-être qu’il apporterait la paix. Si ce n’était pas le cas, il serait toujours temps d’envisager.

Eldoras lui avait également conseillé de se méfier et surtout de ne pas parler d’Elias à ses amis, surtout à Syrus qui était aux ordres d’Yrkanis.

Amie l’avait rassuré, elle ne parlait jamais politique avec son futur mari, ce dernier ne mettait pas en doute le fait qu’elle suive la Karavan le moment voulu, même s’il regardait d’un mauvais œil ses amitiés kamistes. Amie se sentait déchirée de ne pouvoir se confier à son amoureux, mais elle n’avait pas le choix.

 

Son esprit vagabondait au rythme des coups de pioche, le sourire chaleureux de son ami Aladiah traversa son esprit, puis celui de Bouigissimo. Elle revit la belle Req, son épée à la main et son amie Matsu magnifique dans son armure d’Aen. Les rires de la petite Abyssandra résonnaient au loin, elle devait sûrement faire quelques bêtises loin des regards réprobateurs sa marraine, Gozmoth, la Légionnaire.

Tous étaient assis autour d’un feu, une pipe passait de mains en mains, de temps en temps une parole était échangée. Tout le monde était serein, en paix. Un peu plus loin Thanys et Elesias étaient en pleine discussion avec Ufo, et Eldoras les regardait d’un air amusé.

 

Amie se mit à tousser, sa source venait d’exploser… elle s’était endormie et tout cela n’était qu’un rêve… ou peut-être une vision d’avenir..

28.09.2005

Balade avec Syrus

Cela faisait bien des saisons qu'Amie n'était pas retournée chasser et lorsque Mutenroshi l'avait invitée, elle n'avait pas hésité un instant. D'autant plus que depuis plusieurs heures, elle essayait vainement d'apprendre l'art des bijoux, travail long et fastidieux, et elle avait besoin de se changer les idées.

 

Rapidement d'autres homins s'étaient joints à la chasse et les madakams tombaient à une vitesse impressionnant sous les sorts et les coups d'épée.

Comme d'habitude Amie s'était vite lassée du carnage et ses pensées vagabondaient par les collines du Jardin Majestueux. Elle aurait pu trouver un prétexte pour s’en aller, mais l’espoir de voir Syrus les rejoindre était le plus fort.

Cependant la lassitude d’Amie n’avait pas passé inaperçue et Mutenroshi avait eu pitié et appelé Syrus.

 

- Eh chef, emmène Amie voir si des homins chassent déjà Daï-Den, comme ça nous ne nous déplacerons pas pour rien et elle pourra te soigner en cas de problème !

Le cœur d’Amie bondit lorsque Syrus approuva sans hésiter. Elle aimait tellement se balader en sa compagnie.

- J’arrive aussi…

Le visage de la jeune Matis s’assombrit immédiatement. Mais la voix autoritaire de Mutenroshi se fit entendre.

- Non Lyr ! Deux ça suffit, on a besoin de toi ici….

Puis il chuchota.

- Laisse les partir en amoureux…

 

Moins d’une heure plus tard, Amie suivait aveuglément Syrus, traversant les immenses plaines du Vide Zoraï. Comme d’habitude, elle s’attardait à observer le paysage et la faune, soignant son homin uniquement lorsque cela était nécessaire.

Syrus devait constamment s’arrêter pour l’attendre, il ne disait rien et en profitait pour expérimenter ses sorts sur tous les herbivores qui croisaient son chemin.

Pour la première fois Amie avait aperçu un Yetin… elle n’avait pas eu le temps de demander à Syrus si l’animal était agressif que déjà il l'avait méchamment été attaquée. Mais le Syrus était là pour la protéger et les restes du Yetin avaient fini dans son sac. Un peu plus tôt, ils avaient déjà évité de justesse Najab Bajam qui n'aurait fait qu'une  bouchée d'eux et aperçu Plodekya de loin.

 

Ils avaient rapidement oublié Daï-Den dont la viande et les os étaient convoités par d’autres chasseurs et avaient rejoint le Jardin Majestueux où Syrus voulait lui montrer certains coins du Bosquet Supérieur.

Amie connaissait un peu cette région. Elle l’avait parcourue avec son amie Matsu et d’autres homins, mais n’aimait pas le sentiment de danger qui y régnait en permanence. Cependant, avec Syrus elle se sentait sécurité. Non pas qu’il soit invulnérable, mais sa seule présence la rassurait.  Ils étaient allé voir le magnifique Aranakin et Kizokin.

Leur balade dans le Bosquet s’était terminée alors qu’Amie étudiait les mandibules d’un kincher qu’ils venaient de tuer, au lieu de soigner Syrus attaqué par des Cuttlers. Heureusement, une fois de plus la Karavan avait pris soin d’eux.

 

Mais leur vadrouille ne s’était pas terminée pour autant. Une fois lancé Syrus ne voulait plus s’arrêter. Ils s’étaient alors dirigés vers les Terres de la Dissidence, longeant la route et les collines verdoyantes.

Vers le monticule, ils avaient chassé Javkin et Rendokin juste pour le plaisir.

Les hautes herbes moelleuses amortissaient le bruit de leur pas rendant leur avancée silencieuse. Ils traversèrent la région de l’Arbre du Massacre, et tous deux s’émerveillèrent sur la beauté de la région. Cette fois ils étaient d’accord, l’endroit était magnifique et paisible à souhait. Il serait parfait pour célébrer leur mariage…

Amie était soulagée, au moins une chose de décidée… maintenant il ne lui restait plus qu'à fixer la date.. et à s'assurer que ses amis ne s'entretuent pas pendant la cérémonie !

 

Syrus avait proposé d'aller se reposer dans l'antre de Gubakoo, ce qu'Amie avait accepté avec joie néanmoins c'était sans compter les kinchers.

Amie était épuisée et avait eu beaucoup de mal à se concentrer, mais finalement ils avaient réussi à passer grâce à la persévérance de Syrus.

Ils avaient installé des couvertures de Yubo à même le sol et s'étaient installés pour se reposer, mais la jeune fille s'était rapidement endormie dans les bras de Syrus.

- Dors ma chérie, je vais monter la garde…

20.09.2005

Retrouvailles

La sciure volait dans tous les sens, le vent la soulevait, la faisant tournoyer comme des flocons de neige.
Amie restait assise le dos contre le transporteur Kami qui bien des fois l'avait ramenée dans les Tours de Frahar. Elle regardait avec mélancolie ses sources qui faiblissent et disparaissaient les unes après les autres. Les Lumpers se tenaient un peu loin derrière la monticule, elle pouvait entendre leurs grosses pattes labourer le sol. Deux Raspals lançaient leurs cris stridents comme si le désert en entier était en danger.

Depuis plusieurs jours les Frahars la laissent tranquille, comme s'ils sentaient qu'elle avait besoin de calme. Tellement de chose s'étaient passées depuis qu'elle avait vu la petite Fyros.

Tout avait commencé losqu'un un messager des Dresseurs d'Eau était arrivé vers elle, lui annonçant l'apparition de nouvelles sources de suprêmes au fond des primes.
Amie avait pris la fine peau de Yubo et l'avait retournée bien des fois dans ses mains avant de se décider. Cela faisait si longtemps qu'elle n'était pas retournée dans les primes et cette apparition soudaine l'intriguait. Sans réfléchir elle avait déchiré un pacte de télétransportation de la Karavan et s'était retrouvée… face à face avec Mutenroshi qui montait la garde devant l'autel de la Foret Trompeuse. Elle l'avait brièvement saluer, ne sachant comment se comporter avec le meilleur ami de Syrus et filé directement vers les sources qui l'intéressaient.
Mais quelques instant plus tard, elle avait été attaquée par un Zerx et Mutenroshi avait entendu ses écris. Sans hésiter une seconde, il avait accouru à son secours, rapidement rejoint par Labra. Tous deux étaient même resté pour l'aider à récolter les magnifiques ambres nécessaires à ses amplis.
Elle venait à peine de sortir la dernière ambre que Syrus était apparu devant elle. Sous le choc, elle n'avait pas su quoi dire et s'était enfuie. Mais l'Alkian l'avait vite rattrapée.

Tout n'était qu'un malentendu. Au début, en rentrant de voyage, Syrus avait pensé qu'Amie était en mission pour les Fédérés et ne s'était pas inquiété. Puis en réalisant qu'elle avait disparu, il avait fouillé les régions de la Foret, des Lacs et du pays malade, profitant du voyage pour répertorier tous les Rois de la Faune. Il avait questionner les amis de Amie, mais n'avait obtenu que peu d'informations. Il allait partir explorer le désert lorsqu'il avait reçu l'appel de Mutenroshi signalant la présence d'Amie dans les primes.
Maintenant qu'il avait retrouvé sa douce, il voulait se marier et ne plus jamais la perdre.

Amie osait à peine croire à son bonheur : Syrus l'aimait toujours, il voulait se marier !

Soudain Amie perdit l'équilibre et s'étala de tout son long. Muki venait de lui donner un coup de tête. Elle regarda l'animal d'un air surprise, cracha la sciure qui avait envahi sa bouche, secoua sa belle tenue Fyros.

"Oui, je sais, j'y vais… je sais que tu veux rentrer à la maison… Mais tu es sûr que Eldoras et les Fédérés seront d'accord pour que je revienne ?"

15.09.2005

Rencontre d'une petite fyros

Extrait du journal d'Amie

Quote:

Je suis assise au pied de l'Hotel Kami des Tours de Frahar, le vent s'est enfin calmé et je peux reprendre mon journal.
Des petits tas de sciure recouvrent toutes mes sources, mais depuis le temps je connais bien ce petit coin de désert et je vais les retrouver facilement.

Hier il s'est passé une chose qui m'a ouvert les yeux, j'ai rencontré une petite Fyros :

Je forais tranquillement lorsque j'ai vu apparaître une homine au loin. J'ai posé ma pioche pour la regarder venir dans ma direction, elle traversait le territoire des Frahars comme s'ils n'étaient pas là et cela me surprenait. Soit elle ne connaissait pas le coin, soit elle était très forte.

Avant que j'aie le temps de lui crier de se méfier, elle s'est effondrée dans la sciure au premier coup d'un Frahar. Je le savais, j'avais le temps, inutile de me presser, il fallait d'abord que les Frahars s'éloignent pour que je puisse aller la soigner. J'attendais un appel au secours qui ne venait pas.
Je me suis tout de même approchée du petit corps recroquevillé sur lui-même, ce n'était qu'une enfant. Je préparait rapidement une potion de soins et enfilait mes amplis et je la mis sur pied d'un seul coup.
La petite Fyros devait avoir à peine douze ou treize ans, elle était encore sous le coup de l'attaque du Frahar et me regardait avec stupeur.

Que fait une si jeune enfant seule dans ce coin de désert ? Lui demandais-je gentiment en lui posant la main sur sa petite tête brune.

- Me touche pas sale matis. Hurla-t-elle, comme si j'allais la tuer.

De surprise, je la lâchais et reculais d'un bond. Son regard était empli de haine et ses yeux lançaient des éclairs.
Elle était encore très faible et chancelait sur ses jambes, mais les Frahars se regroupaient autour de nous et l'inquiétude me gagnait. Je n'étais pas assez forte pour leur faire face seule.
J'attrapai la petite dans mes bras et m'éloignait en courant. Mais c'était trop tard, les Frahars m'avaient repérée et se précipitèrent à ma poursuite.
La petite était lourde et ralentissait ma course, je savais que nous ne nous en sortirions pas toutes les deux…
Je la posais sur la sciure chaude.

- Sauve-toi petite, cours droit devant toi…

La petite Fyros ne demanda pas son reste et détala comme un Yubo pourchassé.
Les Frahars me rattrapèrent et je me retrouvai à mon tour agonisante, ma sève s'écoulant à flot dans la sciure. Mais la petite était sauve.

Je pensais qu'elle serait partie, mais non, dès que les Frahars se sont éloignés, elle est revenue pour me soigner. Mais elle était encore si faible qu'elle arrivait à peine à ralentir le flot de sève qui s'écoulait de mon corps. Et rapidement j'ai senti la torpeur m'envahir pour me réveiller auprès de l'hotel où la Karavan m'avait transportée une fois de plus.

Lorsque je suis revenue dans mon petit coin de forage, la petite Fyros y était encore, elle avait fouillé dans mon sac resté sur place, pris ma couverture de Yubo et s'était endormie contre Muki. Je pouvais deviner des traces de larmes sur son visage sali par la sciure du désert. Je remontais la couverture avant de retourner à mon travail, je venais de perdre un temps précieux.

Cela faisait plusieurs heures que je forais lorsqu'elle se réveilla et vint s'asseoir devant moi.


- Tu es bien matis ? Me demanda-t-elle d'une petite voix.

Je la regardais surprise
- Tu n'as jamais vu une matis ?
- Si, mais toi ta peau a une drôle de couleur…
- C'est le soleil qui m'a brûlée… je passe mon temps à prospecter dans le désert et le soleil n'aime pas trop les matis…
- Pas seulement le soleil, murmura-t-elle d'un ton agressif.
- Je sais, c'est pour cela que je me cache !
- Ah bon ! Et tu te caches de qui ? Des Fyros ?
- Je me cache des Fyros, pour qu'ils ne sachent pas que je suis Matis. Je me cache de mes amis, car je ne veux pas qu'ils me voient triste. Je me cache de l'homin que j'aime car il ne me regarde plus. Je me cache de tout le monde en fait." Murmurais-je les larmes aux yeux.
- Et bien cache-toi si ça te plait. Mais tu seras toujours une Matis qui se fera brûler par le soleil. Que tu le veuilles ou non ! " Son ton était sec pour une enfant de son âge.
- Qu'est-ce que je t'ai fait pour que tu sois si agressive avec moi ?
- Tu es une matis... et Ufo m'a dit que tous les Matis sont mauvais ! Que ceux qui ont l'air gentils comme toi, c'est pour mieux nous tromper.
- … Ufo m'a dit que je devais me méfier de tous les matis !
- … Ufo dit que…
J'éclatais de rire
- Ah si Ufo le dit….
La petite Fyros se leva d'un bon me jetant un regard noir.
- Je t'interdis de te moquer de Ufo ! Sa petite voix tremblait de rage.
- Oh excuse-moi, je ne savais pas que Ufo était ton ami…
Le visage de petite fille se rembrunit.
- Il n'est pas mon ami, je le déteste !
Je la regardais amusée, visiblement elle pensait le contraire.
- Oh ! Et pourquoi le détestes-tu ?
La fillette se rassit en face de moi, calmée.
- Parce qu'il ne m'aime pas, il ne regarde que mon ami Xaneos ! Il ne me salue même pas et dit que je suis impertinente et indisciplinée ! Il ne semble pas se rencontre que moi aussi je m'entraîne tous les jours pour devenir une Légionnaire !
Je ne pu m'empêcher de rire.
- Je me demande bien pourquoi… allez, file et laisse-moi travailler !

La petite s'est alors éloignée sans un mot. Je la regardai du coin d'œil se diriger vers Muki. A ma grande surprise, elle ramassa la couverture, la plia et la remit dans mon sac. Elle caressa doucement Muki et revint en courant vers moi.
- Je ne sais même pas ton nom, dit-elle essoufflée.
- Mon nom est Amie, l'amie de tous, l'ennemie d'aucun. Et toi ?
- Je suis la petite sœur de Bloudi… " elle hésita avant de rajouter : "… je ne dirai à personne que tu caches ici…mais bon je ne comprend pas pourquoi tu te caches si personne ne te cherche !
Et elle repartit en courant. De loin je l'entendis encore me crier :
- Et ce n'est pas parce que tu as donné ta vie pour me sauver que nous serons amies…
Mais les premières paroles de la petite Fyros restaient gravées dans ma tête : pourquoi est-ce que je me cachais…et surtout de qui ?
Je me suis alors dirigée vers Muki, j'ai sorti l'amure lourde que j'utilisais pour aller en ville et je l'ai détruite.

Je ne veux plus me cacher, c'est fini !
Tout cela n'a été qu'une erreur, comment ai-je pu renier mes amis, renier ma vie, renier ce que je suis !
Plus jamais je ne me cacherai et plus jamais je mentirai aux gens que j'aime !




[hrp] pubilé avec l'accord de la petite fyros, ceux qui la connaissent sauront qui elle est parait-il [/hrp]

09.09.2005

Sa fuite n'avait servi à rien

Les saisons avaient passé, le désert avait amené une certaine sérénité à Amie.
Cependant elle s'était trompée, elle avait pensé que ce serait facile de partir et de tout laisser, d'effacer son ancienne vie et tous ses amis, mais sa fuite n'avait servi à rien.
La douleur était toujours là et, en plus, ses amis lui manquaient énormément !
A chaque fois qu'elle pensait à Syrus, une douleur irradiait son cœur et au lieu de s'apaiser, elle devenait de plus en plus forte chaque jour.

Lors de l'enlèvement de Magda et des trois autres homines par le Tortionnaire de la Porte Sud de Pyr, elle s'était portée à leur secours sans hésiter et avait participé aux recherches dans Les Sources Interdites. Malheureusement, elle n'avait pas été très utile, prisonnière sous son armure lourde, incapable de se servire de la pique qui lui servait de camouflage.
Mais Magda avait été retrouvée vivante et c'était le principal. Amie ne pouvait s'empêcher d'éprouver une certaine sympathie pour la Matis qui semblait être rejetée par tout le monde, même si elle pensait toujours que cette dernière lui avait volé une paire d'amplis.
Après la libération de Magda, Amie avait eu la surprise de découvrir Blathnait et Mutenroshi déguisés en garde Fyros ! Visiblement ils voulaient ramener Magda à Yrkanis.
En reconnaissant leurs voix, Amie n'avait pas pu s'empêcher de se faire connaître. De toute manière tout cela n'avait plus d'importance…

Depuis plusieurs jours, elle prenait de moins en moins de précautions pour se cacher. Elle était même retournée brièvement prospecter dans le Bosquet pour refaire un petit stock de matière première pour ses amplis.
Plusieurs personnes l'avaient vue traverser les rues d'Yrkanis alors qu'elle se rendait dans son appartement, elle avait baissé la tête, faisant semblant de les ignorer. Mais son attitude la mettait mal à l'aise et elle n'avait plus qu'une envie, que tout soit comme avant, que Syrus la prenne dans ses bras et lui dise qu'il l'aime…

Dans le désert, elle avait rencontré des Fyros qui l'avaient plus au moins tolérée. Certains n'étaient pas dupe mais se taisaient, d'autres émettaient ouvertement des doutes, comme cette Isiio qui avait aidé dans l'enquête sur le Tortionnaire. Mais tous l'avaient laissée tranquille. Pourtant Amie se sentait de plus en plus mal à l'aise de les tromper, elle qui détestait tant mentir. Elle redoutait plus que tout la fureur de Ufo losqu'il apprendrai qu'elle l'avait berné…
Avec le temps, elle s'était rapprochée de Bloudi, qui sous ses airs bourrus cachait une gentillesse inattendue. Mais il la prenait pour Lamie fille du Désert, et elle n'osait penser à sa réaction lorsqu'il apprendrait qu'elle était Amie, celle qu'il détestait tant !

Tout cela ne pouvait plus continuer, il fallait qu'elle prenne une décision…